📌 Conseils pour les adultes qui veulent suivre un traitement orthodontique avec de la chirurgie maxillo-faciale.

- N'ayez pas peur de poser un grand nombre de questions aux praticiens. Ils auront vos mâchoires et dents entre les mains. Vous êtes en droit d'avoir des exigences avant d'entamer un parcours médical délicat et long.
S'ils sont agacés, apportent des réponses vagues, ou ne vous donnent pas d'explications en justifiant que ce sont eux les professionnels et que vous devez leur faire confiance, passez votre chemin.
Un praticien compĂ©tent saura prendre le temps d'ĂŞtre prĂ©cis et comprĂ©hensible. Un traitement orthodontique, qui plus est, orthochirurgical, n'est pas anodin. Il souhaitera donc vous prĂ©parer du mieux possible Ă  chaque Ă©tape. 

- Un orthodontiste soucieux de votre Ă©tat aura envie de crĂ©er une relation de confiance avec vous et de mettre en place une coopĂ©ration honnĂŞte et positive. Rien de bon ne sortira pour lui ou vous s'il n'a ni la patience et l'envie de bien faire. Cela peut sembler Ă©vident mais quand on est dĂ©sespĂ©rĂ©·e de se faire soigner, parfois on perd notre luciditĂ©. On est prĂŞt Ă  accepter des comportements qui ne seraient pas tolĂ©rables si on avait plus de recul. Et tristement, il y a beaucoup de comportements critiquables dans ce milieu.

- Une fois le plan de traitement réalisé, assurez-vous que vous l'avez bien compris et validé et que le devis est précis et cohérent. S'il l'est, signez-le.
Quand on m'avait tendu le devis, on m'avait dit que ce n'Ă©tait pas important si je ne dĂ©posais pas ma signature. NaĂŻvement, je pensais que c'Ă©tait pour m'Ă©viter de payer un surplus si jamais le traitement se terminait plus tĂ´t que prĂ©vu. Mais la vĂ©ritĂ©, c'est qu'ils ne savaient pas vraiment oĂą ils allaient avec les soins. Ne pas dĂ©terminer une durĂ©e prĂ©cise de traitement leur laissait la libertĂ© d’improviser, faire de la bidouille et de ne pas se sentir prisonniers d'une deadline qu'ils ne pourraient pas respecter. Le fait de n'avoir rien signĂ© leur a permis d'entretenir ce système ambigu.

- Le plan de traitement est la phase la plus importante. Il servira de ligne conductrice pour l'orthodontiste et de lanterne pour vous. Vous aurez l'image globale du rĂ©sultat souhaitĂ©. C'est Ă  la fois une assurance et un Ă©lĂ©ment motivateur pour que vous restiez dĂ©terminĂ©·e.
J'ai réalisé seulement trop tard que mes praticiens n'avaient jamais pris le temps de construire un plan de traitement sérieux et qu'aucune de mes attentes n'avait été écoutée.

- Si dès les premiers RDV, le praticien est froid et peu réceptif à vos inquiétudes, passez votre chemin. Avoir une mauvaise communication avec les personnes qui vous soignent est la dernière chose que vous voudrez quand il y aura des problèmes. Et sur des traitements qui durent plusieurs années, il y en aura forcément, même s'ils sont mineurs.
Mes Ă©changes avec le chirurgien ont Ă©tĂ© très courts. Il Ă©tait plutĂ´t distant mais m'a rassurĂ©e sur le fait que cela faisait 30 ans qu'il faisait ce mĂ©tier. Il paraissait sĂ»r de lui par rapport Ă  la chirurgie du haut, tout comme celle du bas. J'ai confondu compĂ©tences et suffisance et lui ai fait confiance. 
Vous pouvez tomber sur quelqu'un qui exerce depuis plusieurs dĂ©cennies mais s'il a fait la mĂŞme opĂ©ration durant toute sa carrière et n'a pas eu la curiositĂ© de s'intĂ©resser Ă  d'autres techniques, mieux vaut s'orienter vers quelqu'un de plus jeune qui maĂ®trise les opĂ©rations spĂ©cifiques dont vous avez besoin. Un praticien consciencieux et passionnĂ© l'Ă©tait probablement dĂ©jĂ  quand il Ă©tait Ă©tudiant. Les annĂ©es d'expĂ©rience sont un bonus. Mais Ă  choix, j'aurais prĂ©fĂ©rĂ© me faire opĂ©rer par un·e chirurgien·ne plus jeune mais plus minutieux·se et empathique qu'un chirurgien plus âgĂ© qui n'avait aucun scrupule Ă  faire un travail douteux ni l'humilitĂ© de se remettre en question.

- Si les orthodontistes qui vous intéressent ont un site internet, vérifiez la rubrique concernant les adultes. Si elle ne présente que le traitement Invisalign et rien d'autre, passez votre chemin. Cela signifie qu'ils n'ont pas envie de consacrer du temps sur des traitements adultes compliqués ou qu'ils n'ont pas d'expérience dans ce domaine. Par chance, la plupart d'entre eux ne reçoivent qu'une petite sélection d'adultes avec des défauts dentaires mineurs et refuseront les autres, donc ni eux ni vous ne perdront du temps.

- S'ils n'ont pas de site internet ou profil web qui rĂ©sume de manière prĂ©cise leurs spĂ©cialitĂ©s et expĂ©riences, aiguisez bien vos questions et documentez-vous au maximum sur l'orthodontie adulte avant votre premier RDV. Cela vous permettra d'ĂŞtre plus alerte si vous tombez sur quelqu'un de malhonnĂŞte ou peu expĂ©rimentĂ©. 
C'est beaucoup plus dur de s'assurer de leurs compétences s'ils ne laissent aucune trace derrière eux. La seule exception à la règle serait le bouche à oreille. Après tout, un praticien pourrait être excellent sans pour autant avoir le désir de créer un site internet. Mais, être excellent et ne pas vouloir partager ses connaissances me paraît assez exceptionnel.

- Cela Ă©tant dit, certains sites peuvent aussi ĂŞtre trompeurs et servir de vitrines illusoires, donc restez mĂ©fiant·e dans tous les cas. J'avais rencontrĂ© une parodontiste qui avait indiquĂ© sur son site qu'elle dĂ©tenait des spĂ©cialitĂ©s en muqueuse buccale, un diplĂ´me de responsabilitĂ© mĂ©dicale et droit des malades et un diplĂ´me d'Ă©thique et dĂ©cisions en santĂ© publique. Je m'attendais donc Ă  tomber sur quelqu'un d'assez humain et spĂ©cialisĂ©e dans les infections bucco-dentaires. J'allais la voir pour soigner une poche parodontale sur une molaire qui devenait de plus en plus douloureuse et lui demander son avis concernant l'Ă©volution de mes gencives. Elle m'a dit qu'il n'y avait rien Ă  faire, qu'elle-mĂŞme avait des rĂ©cessions gingivales et m'a conseillĂ©e de prendre du doliprane Ă  vie. Je suis repartie sans soins.

- Cherchez un duo orthodontiste-chirurgien dans un même temps plutôt que séparément. Et assurez-vous que ce binôme a déjà travaillé plusieurs fois - et harmonieusement - ensemble. Si vous n'arrivez pas à avoir de preuves tangibles via le témoignage d'anciens patients ou que les praticiens ne donnent pas de précisions sur leur façon de travailler entre eux et avec vous, passez votre chemin. Ça ne vaut pas le coup de prendre le risque. Une fois que vous aurez sauté le pas, il sera difficile - voire impossible - de faire marche arrière. S'il y a des problèmes avec la chirurgie ou durant le traitement, il est très probable que vous vous transformiez en balle de ping-pong : le chirurgien remettra la faute sur l'orthodontiste, et l'orthodontiste sur le chirurgien, et la seule personne qui en subira les conséquences c'est vous. Le plus grave n'est pas l'erreur médicale en elle-même - bien qu'elle n'ait rien de réjouissant - mais l'indifférence et la paresse à vouloir la résoudre. Ce qui rejoint la négligence médicale, qui, elle, est bien plus grave.

- Evitez à tout prix l'hôpital public. Après plusieurs mauvaises expériences dans des cabinets privés, j'ai fait l'erreur de m'orienter au CHU en pensant que si tous les praticiens exerçaient au même endroit, les informations concernant mon dossier circuleraient de manière rapide et efficace. Bêtement, j'imaginais qu'il y aurait une émulation professionnelle due au grand nombre de professeurs impliqués et la présence du chirurgien au sein du même service, mais c'était à l'antipode de la réalité.
S'il est déjà compliqué de trouver à la fois un orthodontiste et chirurgien compétents, dites-vous que, là, vous aurez à miser sur un trinôme interne-professeur-chirurgien, qui sera formé de manière aléatoire. La chance que les trois s'entendent bien, soient passionnés par leur travail et collaborent efficacement dans votre intérêt (et le leur) relève de la loterie. En gardant à l'esprit que l'interne, et parfois le professeur, peuvent partir et être remplacés à tout moment - surtout si votre traitement est long. Le suivi de vos soins dépendra donc de trois personnes minimum, et pour échanger avec eux - hors des rdv déjà très courts et espacés - vous devrez passer par une série de barrières administratives, dont la lourdeur n'a d'égale que l'apathie et l'incohérence de ceux qui les ont créées.
Ça vous laisse une idĂ©e de tous les quiproquos, conflits et manque de communication que cela peut engendrer. Et par consĂ©quent, de la manière dont vous serez soignĂ©·e.

Une chose importante Ă  ne pas oublier Ă  propos de l'hĂ´pital public :
En cas de problème, le système hospitalier protégera, avant tout, les praticiens et non les patients. À moins d'être victime d'une erreur qui serait suffisamment visible par tous et titillerait l'intérêt des médias, ou que vous ayez assez de temps et d'argent pour obtenir réparation, la Justice ne jouera pas en votre faveur.

Je m'explique :

1) Les internes sont protĂ©gĂ©s par leur statut. MĂŞme s'ils sont salariĂ©s et que c'est eux qui passent le plus de temps avec vous ; sur le papier la personne officiellement responsable de votre dossier est un professeur.
D'autre part, vous ĂŞtes juste le passage obligĂ© de leur fin d'Ă©tudes donc ils ne se sentiront pas personnellement concernĂ©s par le rĂ©sultat de ce qu'ils font ou ne font pas. L’hĂ´pital n’est pas leur cabinet, donc vous n’ĂŞtes pas vraiment leur patient. Vous serez comme un petit mammifère de laboratoire sur lequel ils se font la main, mais Ă  la diffĂ©rence du cobaye, aucune analyse ne sera faite. Ă€ l'heure oĂą j'Ă©cris, il y a un modèle 3D de mon crâne, rĂ©alisĂ© avec un scanner ultra perfectionnĂ©, qui dort sur un ordinateur. Des os en HQ stockĂ©s dans un dossier fantĂ´me. Ils sont vieux de plus d'un an et n'ont jamais servi. L’excellente qualitĂ© du matĂ©riel ne vous assurera pas forcĂ©ment un meilleur service.
Et soyons honnĂŞtes, mĂŞme si un Ă©chantillon s'avère sĂ©rieux et mĂ©ticuleux, beaucoup d'Ă©tudiants sont surtout lĂ  pour l'argent. Cela pourrait ne pas avoir d’importance, mais ça influe malheureusement sur leur façon de voir le patient. MĂ©langez le manque de connaissances et d'expĂ©riences avec l'indiffĂ©rence et votre cocktail explosif est servi.

2) Les professeurs ne se sentent pas particulièrement impliquĂ©s ou menacĂ©s non plus, ou en tout cas, l'Ă©pĂ©e de Damoclès n'est pas très pointue. Et au-delĂ  de l'aspect lĂ©gal, c'est la partie humaine qui est effrayante. La plupart travaille Ă  temps partiel Ă  l'hĂ´pital, donc de base, vous ne serez pas leur prioritĂ©. Ils passent quelques secondes en fin de rdv, s'ils passent tout court, et valident des procĂ©dures Ă  l'aveuglette en fonction de leur humeur et du matĂ©riel disponible. Ça m'est dĂ©jĂ  arrivĂ©e de recevoir un arc ou des bagues pour molaire de la mauvaise taille, simplement parce qu'ils n'en avaient pas d'autres en stock. Ils me les ont laissĂ©s en bouche pendant plusieurs mois. Qui sait le type de consĂ©quences que cela a eu.
L'hôpital est une usine à gaz, néfaste pour les patients mais aussi pour ceux qui y travaillent. Ils se serviront de ce point pour se déresponsabiliser et vous traitez comme un numéro. C'est moins violent que l'abattoir, mais vous pouvez vous retrouvez avec des handicaps physiques à vie et un moral ruiné. Mourir sur le coup ou à petit feu, allez savoir ce qui est le plus cruel ?

3) Les chirurgiens de l'hĂ´pital ont des plannings blindĂ©s. Qui dit beaucoup d'opĂ©rations successives, dit plus de risques de faire des erreurs et donc de finir dans des procès. Ils seront plus disposĂ©s Ă  savoir gĂ©rer les plaintes.
Au moment d'établir la date de mon ostéotomie, le chirurgien m'a demandé le métier que je faisais. Sur le coup, je croyais qu'il voulait simplement être poli et me connaître un peu plus ou que c'était une question purement médicale, pour qu'il puisse faire le lien entre mes activités et mes problèmes dentaires. C'est seulement des mois plus tard que je me suis demandée s'il n'avait pas posé cette question pour jauger ma capacité ou non à l'attaquer si la chirurgie tournait mal. Et dans une vision encore plus sombre : déterminer dans quelle mesure il devait soigner mon opération.
Si vous Ă©changez avec eux par email suite Ă  des problèmes, ils sauront restĂ©s opaques ou vous demanderont de les voir en consultation (50 € non remboursĂ©s, dans mon cas). D'après mon expĂ©rience et d'autres tĂ©moignages, la plupart du temps, ils vous rassureront en disant que tout va bien ou vous proposeront d'autres chirurgies, sans la certitude qu'elles amĂ©lioreront ou aggraveront votre situation. Ils ne laisseront pas (ou peu) de preuves Ă©crites des Ă©ventuelles erreurs faites. Tout se fera par tĂ©lĂ©phone ou en direct derrière des portes bien fermĂ©es. 
Avant l'opération vous aurez une pile de formulaires de consentement à signer, pour affirmer que vous acceptez toutes les conséquences possibles d'une chirurgie qui se passerait mal. Il n'y a pas d'alternative, si vous voulez vous faire soigner, vous aurez à les signer tous.
À moins de les avoir subies une première fois, il est difficile d'imaginer le degré de gênes et de douleurs provoquées par telle ou telle séquelle. Et on anticipe rarement celles qu'on aura. Je m'étais préparée à des soucis de paralysie ou paresthésie, des racines abîmées/dents dévitalisées, la base du nez mal élargie ou peu esthétique, et même à l'hémorragie... Au final, j'ai récupéré des problèmes d'asymétries durant l'expansion et des déséquilibres osseux dans les trois dimensions. Choses qui ne m'avaient même pas traversé l'esprit et qui sont pourtant alarmantes et insupportables.
Et même si vous décidez de porter plainte, ça ne résoudra malheureusement pas votre situation physique. D'autant que la démarche demande une énergie, du temps et de l'argent dont peu d'entre nous bénéficions.

4) L'ambiance est toxique. Tout le monde - des secrétaires aux praticiens et patients - la subit et la sait mais rien n'est mis en place pour améliorer la situation. Malheureusement, cet atmosphère entretient les tensions, les potins et bruits de couloir. Ce détail peut paraître ridicule et hors de propos mais, bien au contraire, c'est la raison pour laquelle tous les individus qui travaillent à l'hôpital se protègent mutuellement, même si personne ne s'apprécie ou se respecte. Faites couler de l'eau empoisonnée dans une cité tentaculaire et toutes les fourmis, même celles qui étaient vouées à s'entretuer, se retrouveront à construire des radeaux ensemble.
Un professeur ne dénoncera pas l'erreur d'un autre si lui-même a son lot de casseroles. De même que l'interne qui s'occupe de vous ne se mettra pas non plus de votre côté si ça peut lui éviter de dégrader sa relation avec son (ses) professeur(s) et s'assurer une fin d'internat sans encombre.

Vous n'aurez aucun réel interlocuteur ou allié au CHU. Vous recevrez éventuellement quelques sourires solidaires dans la salle d'attente, venant de patients qui sont dans un pétrin similaire au vôtre. Une bien maigre consolation comparée aux dégâts subis.


Concernant la chirurgie en elle-mĂŞme

Conserver des traces
Avant le dĂ©but du traitement, pensez Ă  prendre des photos et vidĂ©os de votre visage et de vos dents dans toutes les dimensions. Et continuez de le faire rĂ©gulièrement durant le traitement. 
Si vous tombez sur un praticien sĂ©rieux, ces Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires pourront l'intĂ©resser. 
Si, au contraire, vous ĂŞtes mal traitĂ©·e, ce seront des pièces prĂ©cieuses pour vous aider Ă  comprendre ce qui vous arrive.

Lors des premiers RDV, l'orthodontiste prendra 4 photos exo-buccales (votre visage de face et de profil, au repos et avec sourire), et 3 photos intra-buccales (vos dents en occlusion de face, et en vue latérale droite et gauche).
7 photos qui seront renouvelĂ©es Ă  diffĂ©rents moments-clĂ©s du traitement, dans le meilleur des cas. 
Mais quand vous avez des problèmes dentaires qui nĂ©cessitent de la chirurgie, ces clichĂ©s pourront ne pas ĂŞtre suffisants. 

1) Pourquoi prendre son profil droit ET gauche et pas un seul côté ?
Combien de fois on a entendu "Prends mon meilleur profil" quand quelqu'un veut avoir son portrait en photo ? Et pour cause, personne n'a le visage parfaitement symétrique. Cela peut être héréditaire, dû à des fractures osseuses, pertes de dents, mais aussi aux habitudes qu'on avait étant petits, au moment de la croissance. La manière de mâcher les aliments, de placer sa langue, sucer son pouce ou un nin-nin, jouer d'un instrument à vent, utiliser ses dents comme outils de bricolage, etc... Tout cela joue un rôle sur le type d'arcades dentaires qu'on aura à l'âge adulte. Et les dents sont mobiles toute notre vie donc la forme et silhouette de nos mâchoires sont vouées à se modifier de manière plus ou moins significative avec le temps.
Avant de démarrer mon second traitement en 2021, j'avais l'incisive centrale droite qui partait vers l'avant (c'est toujours le cas) et donc relevait un peu ma lèvre de ce côté-là. Cela donnait l'impression que mon maxillaire était plus avancé qu'il ne l'était réellement.
Or, l'interne n'a pris en photo que mon profil droit. 
Quand on m'a posĂ© des brackets Ă  22 jours après l'expansion des mâchoires - quand les os Ă©taient encore sĂ©parĂ©s et mobiles - et que mon hĂ©mi-maxillaire gauche ne se dĂ©plaçait pas correctement, elle ne pouvait pas le voir avec une seule photo, qui plus est, du mauvais cĂ´tĂ©. Il aurait fallu avoir Ă©galement le profil gauche et/ou faire des radios. Mais curieusement, mĂŞme si le fait que mes os se positionnaient mal ne causait aucune inquiĂ©tude auprès de mes praticiens, ils Ă©taient en revanche soucieux de la dose de radiation que je pouvais recevoir et ont prĂ©fĂ©rĂ© ne pas me faire de radios. Ni après l'opĂ©ration, ni après l'expansion, qui s'Ă©tait pourtant mal passĂ©e, et ainsi de suite…
Les radios de ma dentition prĂ©-traitement venaient d'un autre cabinet, et les suivantes ont Ă©tĂ© provoquĂ©es uniquement parce que j'avais insistĂ©. Sinon il est possible que je n'aurais eu des radios qu'en fin de traitement. 

2) Sur ce mĂŞme principe, des photos dans d'autres dimensions sont tout autant importantes.
Avoir des vues de 3/4, en contre-plongée, plongée, de la mandibule, du menton, de l'arcane supérieure, inférieure, etc... vous permettra d'avoir une idée plus juste de la manière dont vos os se déplacent, repoussent et vos dents bougent.
En sachant que parfois, même avec des photos vous aurez du mal à expliquer votre problème. Quand les dents bougent de quelques millimètres dans une ou plusieurs directions, pour vous les différences de sensations seront flagrantes mais pour une personne extérieure - ou un praticien qui manque de compétences/empathie - ce sera indétectable ou anodin.

3) Faites confiance Ă  votre instinct.
MĂŞme si après l'opĂ©ration vous aurez quelques sensations faussĂ©es par le gonflement et les nerfs engourdis… Si vous avez le sentiment persistant que quelque chose n'est pas normal, c'est votre corps donc il y a de fortes chances que vous ayez raison ou que vous soyez sur une piste qui ne mĂ©rite pas d'ĂŞtre ignorĂ©e.
Tous les problèmes que j'avais signalés, quand il était encore temps de redéplacer les os, persistent toujours 1 an et demi plus tard. Si vous ne voulez pas vous retrouvez avec un bagage de rage et de frustration, faites tout ce qui est en votre pouvoir pour vous faire entendre durant les moments importants du traitement et en particulier l'expansion. N'hésitez pas à être insistant et sec s'il le faut. Rien de pire que d'entendre les praticiens admettre ou observer les problèmes, quand il est trop tard. Vous aurez l'impression d'avoir été un fantôme que personne ne peut voir ni entendre.


Ne pas se lancer dans de la chirurgie seul·e
Si vous n'avez pas un soutien familial, amical ou amoureux solide ; l'expérience, comme beaucoup d'autres, sera beaucoup plus dure à gérer. En particulier si l'opération se passe mal.
Attendez d'avoir une ou plusieurs personnes prêtes à vous épauler avant de vous lancer dans ce type de parcours.
Sans mes proches, je serais dans un endroit encore plus sombre Ă  l'heure qu'il est.
Mais j'ai conscience que ce "simple" critère est déjà difficile à remplir.
Le système de santé a réussi à mettre en place une boucle infernale : ceux qui ont reçu de mauvais soins à un jeune âge seront plus susceptibles de ne pas avoir de meilleurs soins à l'âge adulte. Une fois qu'on a pioché les mauvaises cartes, c'est difficile de renverser le jeu.
Ma conclusion sera donc un peu brutale : Si vous n'avez pas la chance de rencontrer un praticien dont vous avez la certitude qu'il ou elle est empathique et brillant·e, abstenez-vous de faire de la chirurgie ou tout autre traitement dentaire lourd. Autrement, la possibilitĂ© d'aggraver votre situation initiale sera bien trop forte.
Date suivante
« suivante
Date précèdente
prĂ©cèdente »